Nous avons pu suivre avec intérêt le webinaire organisé par l’UL, le consortium Couperin, en lien avec l’OFIS le 12 février. Les interventions de la journée ont permis d’aborder des questions majeures :
- Sarah Cohen-Boulakia (Univ. Paris-Saclay) est intervenue sur la question de la reproductibilité. Son intervention a permis d’en aborder la complexité en déclinant 4 types de données reproductibles (empiriques, observationnelles, statistiques et computationnelles) et 4 niveaux de reproductibilité (Repeat/ Replicate/ Reproduce/ Reuse). Les défis de la reproductibilité sont nombreux et ont tendance à devenir un enjeu majeur d’une pratique scientifique responsable. Le réseau Français de Recherche Reproductible fait un travail précieux et préconise de ralentir la course à la publication, de former dès le début de la carrière des chercheur·ses et de façon récurrente tout au long de la vie, et de valoriser (dans le processus de publication comme dans la carrière) les engagements de réplicabilité des chercheur·ses.
- Abdelghani Maddi (CNRS) est intervenu sur la manipulation des métriques, devenu un art à part entière dans le monde académique. Il a exploré les principales stratégies qui se développent et a fait le constat d’un monde de la recherche à la fois acteur et victime de ce jeu des métriques. Les auteurs, les éditeurs, les reviewers, les financeurs ont des pratiques d’adaptation au « jeu ». La documentation de références « sneakées » dans les métadonnées d’articles alors qu’elles ne sont ni citées par les auteurs, ni identifiées par les reviewers laisse pantois quant au réalisme d’un contrôle face la créativité déployée par les « joueurs ». Pour autant, là aussi la responsabilité passe par le développement d’une culture réflexive et responsable à l’échelle de la communauté scientifique et le renoncement à la mesure par les données quantitatives.
- Ivan Oransky de Retraction Watch est intervenu sur les rétractations d’articles et a présenté les différents engagements du Center for Scientific Integrity pour tendre vers la lisibilité d’une science capable de se corriger et de se remettre en question. Le nombre de rétraction augmente mais insuffisamment en proportion du développement du nombre de publications : il reste beaucoup à faire pour une transition responsable…